Il n’a peut-être pas soulevé le trophée avec le Maroc, mais Yassine Bounou aura été, une nouvelle fois, l’un des grands artisans du parcours des Lions de l’Atlas cet été. Sa prestation XXL en quarts de finale face à l’Équipe de France, ponctuée d’un penalty repoussé à Kylian Mbappé, a forcé le respect de tout un pays — Mike Maignan le premier. À 35 ans, le portier d’Al-Hilal n’a visiblement rien perdu de son immense classe, et cela commence à se savoir sur le marché des transferts. Décryptage en trois points des raisons qui pourraient le ramener sur le Vieux Continent.
#1 Un Mondial référence, ponctué d’un record historique
Le premier argument est aussi le plus évident : la forme sportive. Bounou a livré une Coupe du monde XXL, décisif à chaque tour à élimination directe. Il s’est d’abord montré héroïque lors de la séance de tirs au but face aux Pays-Bas en seizièmes de finale, puis solide contre le Canada en huitièmes, avant de conclure en beauté en quarts face aux Bleus, où il a stoppé une tentative de Kylian Mbappé. Un match dans un match qui a mis en lumière une statistique impressionnante : quatre penaltys arrêtés au total sur la compétition, un record. De quoi rappeler aux recruteurs européens que le natif de Montréal reste, à bientôt 35 ans, l’un des meilleurs portiers de la planète dans les moments à forte pression — exactement le profil qu’un club cherche lorsqu’il doit jouer les premiers rôles en championnat comme en coupe d’Europe.
#2 Un besoin concret côté Fenerbahçe, prêt à passer à l’action
Au-delà de la performance pure, c’est surtout un concours de circonstances qui joue en faveur d’un retour en Europe. Selon le quotidien turc Fanatik, Fenerbahçe s’intéresse sérieusement à Bounou pour succéder à Ederson, dont l’avenir chez le club stambouliote s’écrit de plus en plus loin de la Turquie : le gardien brésilien aurait fait savoir sa volonté de relever un nouveau défi, avec la Juventus notamment annoncée sur ses traces. Fenerbahçe a donc entamé la construction d’une liste de gardiens capables d’assumer immédiatement la pression d’un grand club turc engagé sur tous les fronts, championnat comme compétitions européennes — et le nom de Bounou y figure en très bonne position. Reste que rien ne sera simple : le gardien marocain est lié à Al-Hilal jusqu’en 2028 et fait partie des cadres du club saoudien, qui devra être convaincu de le laisser filer.
#3 L’envie de retrouver l’Europe, les coupes continentales et des visages familiers
Enfin, il y a la dimension sportive et humaine d’un possible retour. Bounou n’a plus disputé de compétition européenne depuis son départ de Séville, club avec lequel il avait pourtant soulevé la Ligue Europa à deux reprises, en 2020 puis en 2023. Un retour du côté d’Istanbul lui offrirait l’opportunité de renouer avec cette scène continentale qu’il connaît si bien, dans un club aux ambitions européennes affichées. Ce transfert aurait également une saveur particulière sur le plan personnel : à Fenerbahçe, Bounou retrouverait son compatriote et ami Sofyan Amrabat, de retour de son prêt au Betis Séville, ainsi que des adversaires côtoyés à maintes reprises sur les pelouses européennes ces dernières années, à l’image de Marco Asensio ou N’Golo Kanté.
En bref
Forme sportive éclatante, besoin urgent d’un club en quête d’un successeur à Ederson, et envie de renouer avec la scène européenne : les planètes semblent s’aligner pour offrir à Yassine Bounou un nouveau défi loin de l’Arabie saoudite. Reste à convaincre Al-Hilal de le libérer, et à transformer l’intérêt turc en offre officielle.
